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Plan
L’ABC de la Grippe
AMMPPU BITCHE
Pourquoi ce sujet?
Sujet type de Médecine Générale
Enjeu clinique : 1500 à 3500 morts par an de grippe (10 fois moins qu’en 1970)
Enjeu économique : 2 à 8 millions de journées de travail perdues par an selon la sévérité de l’épidémie
Problème qui deviendra insoluble pour les employeurs à l’heure du RTT
Vaccination pas assez répandue
Remerciements
Madame la Professeure Françoise STOLL-KELLER
Institut de Virologie - Faculté de Médecine de Strasbourg
Laboratoires ROCHE
Pré-test
Êtes-vous vacciné?
Si oui, depuis quand vous faites-vous ce vaccin?
Si non, pourquoi?
Le faites-vous à vos proches?
A quels types de patients proposez-vous ce vaccin?
Les Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe
Réseau d’alerte épidémiologique
Réseau pluridisciplinaire
Réseau d’information
Le GROG :
Réseau d’alerte épidémiologique
Détection précoce de la circulation des virus grippaux
Détermination du début de l’épidémie de grippe et de son évolution régionale et nationale
Surveillance des caractéristiques antigéniques des virus grippaux et de l’adéquation de la vaccination
Le GROG :
Réseau pluridisciplinaire
Les acteurs du réseau sont :
332 médecins généralistes libéraux
948 médecins urgentistes (SOS Médecins, services hospitaliers de garde…)
75 médecins militaires
56 pédiatres
34 pharmaciens d’officine
41 laboratoires de virologie
Le GROG :
Réseau d’information
    Diffusion de bulletins hebdomadaires,articles de presse, notes de synthèse et échanges télématiques de données sur serveur Internet auprès de :
Membres du réseau
Communauté médicale
Autorités sanitaires nationales et internationales (OMS)
Partenaires européens (EISS et EUROGROG)
Population générale (Républicain Lorrain)
Autres réseaux
RNTMT ou réseau "Sentinelles"  = Réseau National Télématique des Maladies Transmissibles en France
EISS = European Influenza Surveillance Scheme
EUROGROG
OMS (réseau mondial de surveillance créé en 1949) = FLU-NET
Principe de surveillance
Confrontation hebdomadaire :
d’indicateurs épidémiologiques d’activité sanitaire (nombre d’infections respiratoires aiguës, nombre d’arrêts de travail d’une durée < 15 jours…)
de données virologiques émanant de l’analyse par les deux CNR pour la grippe (Institut Pasteur Paris et HCL Lyon) des prélèvements rhinopharyngés
Alerte épidémiologique
   Une semaine est considérée comme épidémique lorsque :
Plusieurs virus grippaux similaires sont isolés dans des zones différentes d’une même région (pourcentage de prélèvements positifs > 10 %)
Au moins deux indicateurs d’activité sanitaire sont augmentés de plus de 20 % sans explication possible par un autre phénomène
La semaine précédente satisfait aux conditions 1 et 2
Résultats
17 régions INSEE sur 22 couvertes
Alerte fiable et précoce (3 à 6 semaines avant le pic épidémique)
Essor considérable donné à l’analyse virologique en démultipliant le nombre de virus grippaux isolés
Développement de modèles épidémiologiques
Estimation d’impact sanitaire et économique des différentes épidémies
Développement d’indicateurs de surveillance des infections à VRS
ORSAS-Lorraine
Observatoire régional de la santé et des affaires sociales en Lorraine
22 MG
1 Pédiatre
2 Rue du Doyen Jacques Parisot
54500 – VANDOEUVRE-LES-NANCY
Tél : 0383676869
Fax : 0383676698
E-mail : orsas.lor@wanadoo.fr
 Signes cliniques de la grippe A
Diapositive 15
En cas d’infection respiratoire aiguë :
Valeur Prédictive Négative (VPN) pour la grippe
des signes cliniques observables en médecine ambulatoire
Si le signe manque : probabilité que le malade n’ait pas la grippe
Fièvre > 38° C : VPN = 96 %
Toux : VPN = 86 %
Frissons : VPN = 86 %
Céphalées : VPN = 85 %
Début brutal : VPN = 84 %
Myalgies : VPN = 83 %
Signes cliniques de la grippe A
La fièvre supérieure à 39° manque plus d’une fois sur deux,donc limiter le diagnostic de la grippe aux seuls cas où la fièvre dépasse 39° fait manquer plus de la moitié des diagnostics de grippe
Des signes digestifs sont présents dans 12 à 19 % des cas
Une bronchiolite est présente dans 5 % des cas de grippe confirmés
Les courbatures manquent une fois sur quatre et les frissons une fois sur trois
Signes cliniques de la grippe B
Fièvre à 38° et plus : 91 %
Toux : 81 %
Début brutal : 80 %
Céphalées : 77 %
Fatigue : 73 %
Courbatures : 72 %
Fièvre à 39° et plus : 70 %
Rhinite : 68 %
Frissons : 62 %
Angine : 55 %
Troubles digestifs : 17 %
Expectorations : 15 %
Bronchiolite :    2 %
Otite :    2 %
Pièges diagnostiques
Se méfier en période épidémique de :
Maladie urgentissime :
purpura fulminans +++
Maladies graves :
 méningite bactérienne
 paludisme à plasmodium falciparum et dengue
pyélonéphrite aiguë
cholécystite aiguë
peumopathie bactérienne
Maladies sérieuses :
trichinose
infection urinaire (enfant)
infection pulmonaire (personnes âgées, enfants)…
Avant de dire que c’est la grippe, que faire?
Avoir six réflexes salvateurs :
Cherchez un purpura (ouvrir la bouche, patient complètement dévêtu au moindre doute)
Demandez si le patient a voyagé récemment en pays tropical
Soyez à l’affût de signes locaux (raideur de nuque, signes urinaires, subictère, otite…)
Soyez prudent au moindre doute, celui-ci n’est pas venu par hasard
Soyez d’autant plus méfiant vis-à-vis de vous-même que vous êtes surmené et fatigué
Dites-vous devant chaque patient : "et si c’était autre chose que la grippe?"
Conclusion
Il ne faut pas se fier à l’intensité de la fièvre pour faire le diagnostic de grippe
Les grippes à forme digestive existent : la "grippe intestinale" de retour !!!
Se méfier des formes atypiques et/ou incomplètes : vigilance +++
Etat de la vaccination en France en 2000-2001
22 % de la population générale (dont 3 % pour la première fois), mais il y en avait déjà 20 % en 1993 !!
73 % des plus de 75 ans
60 % des 70–74 ans
57 % des 65-69 ans (36 % l’année précédente)
11 % de la population active
44 % des patients en ALD
1,6 % des enfants < 15 ans
81 % des personnels de santé n’est pas vacciné!!!
Qui vacciner?
Patients âgés de plus de 65 ans
Patients en ALD
Professionnels de santé
Sujets en contact avec le public :
Enseignants
Professionnels des transports collectifs urbains (bus, métro) ou scolaires, aériens ou ferroviaire
Professionnels du tourisme et des loisirs
Toute personne souffrant d’une santé fragile au delà des ALD (ex : fumeurs +++)
Toute personne à titre individuel pour des raisons professionnelles ou personnelles
Grippe et enfants
Grippe et enfants : épidémiologie
Hospitalisations fréquentes (bronchiolite) dont seulement 19% chez des enfants ayant une pathologie grave pré-existante
Grand nombre de consultations ambulatoires
Prescription d’antibiotiques inutile
Rôle déterminant dans la dissémination de l’épidémie
   Incidence : 90 à 400 cas/100000/an
Grippe et enfants : clinique
Nourrissons : état septique aigu avec état de choc, pneumonie
Enfants < 4 ans : signes digestifs ++, conjonctivite, rhinite.
Complications fréquentes : otite moyenne aiguë, pneumonie, convulsions fébriles.
Grippe et enfants : clinique
Ce n’est pas qu’une maladie respiratoire
28% symptômes initiaux non respiratoires
Fièvre isolée 22 %
Signes digestifs et fièvre : 15 %
Malaise grave du nourrisson : 1 %
5% convulsions fébriles
Augmentation de la fréquence des état s de mal convulsif
20 % enfants grippés ont convulsé donc risque majoré par rapport ayux autres infections virales de l’enfant
Grippe et enfants : co-infections bactériennes
Méningococcémie ++ :
    complication occulte de la grippe avec décalage de deux semaines entre les pics d’incidence de la grippe et celui de la méningite à méningocoque A
Augmentation des formes graves (purpura fulminans) et de la mortalité
Staphylocoque doré : SDRA et poumon blanc
Grippe chez l’enfant : principales complications
Otites
Laryngites
Pneumopathies aiguës (épidémie au Texas en 1976 – 1977 :  1,2 % enfants grippés avaient une pneumopathie aiguë avec mortalité de 5%) – SDRA – staphylococcies pulmonaires
Convulsions – encéphalite – syndrome de Reye
Myocardite
Grippe : cause majeure d’hospitalisation en pédiatrie
 Lors du pic épidémique de 2002
 49 % des admissions au service des Urgences Pédiatriques de Lyon porteurs du virus grippe A
 (nourrissons < 1an avec ou sans fièvre et  enfants de 1 à 3 ans avec fièvre > 38°)
Grippe et enfants :
critères d’hospitalisation
Signes de détresse respiratoire, apnées, troubles de la vigilance
Difficultés alimentaires
Signes de déshydratation aiguë
Nourrisson < 3 mois
Antécédents de prématurité, situations à risque connues,
Précarité familiale
Grippe chez l’enfant et hospitalisations :
 facteurs de risque
Age +++
Conditions socio-économiques
Asthme et maladies chroniques : risque x 2 par rapport aux enfants sains mais seulement 19 % des enfants hospitalisés pour grippe ont une pathologie pré-existante
Asthme x 4,1
Pathologie cardiaque x 9,8
Prématurité (< 37 semaine) x 2
Risques d’hospitalisations
Nourrisson < 12 mois par rapport enfant de 24 à 36 mois : risque x 9,1 = risque hospitalisation adulte à risque
Nourrisson < 12 mois par rapport enfant de 12 à 24 mois : risque x 6
Enfant de 12 à 24 mois par rapport enfant de 24 à 36 mois : risque x 1,33
Grippe et enfants :
biologie
Aucun examen complémentaire si forme typique
NFS – CRP – ECBU – Radio thorax en cas de doute
Test de diagnostic rapide +++
Grippe et enfants : traitement
Traitement de la fièvre : paracétamol 60 mg par kg par jour en 4 prises et mesures physiques
Antibiotique si surinfection bactérienne (amoxicilline 100 à 150 mg par kg par jour – Augmentin 80 mg par kg par jour – cefpodoxime 8 mg par kg par jour – Pediazole 50 mg par kg par jour)
Autres traitements symptomatiques (antitussifs…)
Isolement du malade par rapport aux personnes à risque
Grippe et enfants :
antiviraux
Amantadine (Mantadix) : capsule dosée à 100 mg – indication grippe A enfant – posologie : 150 mg par jour possible chez l’enfant > 6 ans
Zanamivir (Relenza) : poudre pour inhalation à 5 mg par dose – posologie : 2 x 2 inhalations par jour soit 20 mg par jour 5 jours – possible chez adolescent > 12 ans
Oseltamivir (Tamiflu) : gélule dosée à 75 mg et suspension buvable dosée à 12 mg par ml
Adolescent > 13 ans  et enfant > 40 kg : 2 x 1 gélule par jour 5 jours
Enfant > 1 an : dose à adapter selon poids (cf Vidal)
Indications des antiviraux
En période épidémique
Sujets fébriles
Au maximum 36 heures après début des symptômes
Antiviraux : bénéfices
Réduction de la durée des symptômes (24 à 48 heures) ++
Réduction de leur gravité +
Diminution de l’excrétion virale et du temps de portage +
Diminution du risque de décès ?
Diminution du risque de surinfection ?
Diminution des hospitalisations?
Diminution de la durée des arrêts de travail ?
Vaccination antigrippale
et enfants
> 6 mois : enfants à risques (asthme, drépanocytose, mucoviscidose, antécédent de convulsion…)
Dose : 0,25 à 0,50 ml
Si primovaccination, refaire 2° dose après 4 semaines
Intérêt du vaccin atténué vivant par voie nasale à venir
Diminue l’impact épidémiologique, le nombre de  complications et d’hospitalisations
Vaccination anti-grippale et enfants
   Epargne la vie des adultes +++
   Expérience japonaise de vaccination des enfants d’âge scolaire de 1962 à 1987 : diminution de la mortalité des adultes liée à la grippe; ré-augmentation de cette mortalité adulte depuis 1987.