La psychose maniaco dépressive de Nietzsche

 

Il s’agit d’une forme bipolaire, de type 2, à cycles rapides (plus de 4 cycles d’excitation-dépression par an)

Les intervalles libres d’euthymie sont quasiment absents.

Prévalence dépressive jusqu’à 35 ans puis prévalence hypomaniaque depuis les années 1879/1880.

 

Les phases de mélancolie dépressive :

- le laissent inerte, aboulique, littéralement prostré, l’obligeant à garder le lit, entraînant un retrait social et un repli sur lui.

- Idées suicidaires 
mais il a peur du suicide dont il parle à plusieurs reprises " Le canon d’un pistolet est pour moi une source de pensées relativement agréables. L’automne verra peut être un petit exercice de tir au pistolet ". Deux tentatives de suicide par absorption de médicaments à la suite d’une déception sentimentale, plus précisément à la suite d’un amour non partagé. (Il s'agit de Lou Andréa Salomé qui vécut une histoire passionnée avec Rilke puis devint une disciple de Freud)

Les phases hypomaniaques durent 10 à 15 jours consécutifs :

Gaieté expansive, euphorie exubérante, intense excitation imaginative et inventive.

Chante et divague en marchant.

Insomnie totale pendant 4 jours en dépit d’une grande fatigue. Inefficacité de somnifères.

Pendant cette période, il jouit d’une extraordinaire clarté d’esprit lui permettant d’élaborer des concepts philosophiques fort cohérents, pertinents et novateurs de l’avis de ses pairs.

Dissociation de la conscience :

Les mots défilent en lui dans une fulgurance folle, les idées sont d’une telle volatilité qu’il les griffonne à la hâte. Par la suite, il met des heures à déchiffrer ce qui lui semble venu d’un ailleurs dont il est pourtant l’auteur. Il perçoit fort bien la simultanéité d’une ivresse et d’une pleine lucidité 

" c’est quelque chose comme lorsqu’on rêve et qu’en même temps on sent que le rêve est rêve "

Désorientation temporo spatiale :

perte de la notion d’espace et du temps pendant ces périodes

intuition sans égale (sans autre précision)

Hallucinations :

auditive : 

" Ce que je redoute, ce n’est pas l’être épouvantable qui se tient derrière ma chaise, c’est sa voix : Non pas les mots, mais le ton inarticulé, inhumain de cet être. Si encore il parlait comme parlent les hommes " (automne 68)

" Être au fond du chagrin, étendu dans sa chambre, et soudain les hommes entrent comme l’aigre lumière du jour, hurlant en se voilant la face : pauvres hommes ! pauvres hommes ! "

visuelle : 

Il décrit 
" une vision qui l’assaillait sitôt il fermait les yeux. C’était alors une profusion de fleurs qui se nouaient et s’entrelaçaient en un perpétuel jaillissement, surgissant l’une de l’autre, dans un ballet de formes et de couleurs d’une exotique luxuriance "

" A l’instant où je levais le regard, il me sembla, dans une vision rapide comme l’éclair, voir près de ma table, un homme pâle profondément incliné. L’instant d’après, alors que l’œil cherchait à saisir cet objet avec plus d’acuité, j’aperçois à quelques pas de ma table un chat. "

" Je vois un arbre et je le prends pour un enfant. Je vois très distinctement les traits d’un visage dans une conversation mais c’est moi qui les imagine avec une telle acuité "

 

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