Oncle Vania de Tchekhov
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Mikhaïl Lvovitch Astrov, médecin.

un personnage d'Oncle Vania de Tchékhov

 

présenté par Michel Chillot
Dimanche 32 janvier 2004

 

Mikhaïl Lvovitch Astrov, médecin, est un personnage d’Oncle Vania de Tchékhov dont la première eu lieu le 26 octobre 1899.Oncle Vania est une pièce très sombre. 

Au-delà des tensions qui vont apparaître, les personnages ont en commun la souffrance. Souffrance de vies gâchées, d’amours impossibles et d’avenir improbable.

L’action de passe dans la propriété de campagne d’Alexandre Vladimirovitch Sérébriakov, professeur en retraite, qui vient d’y retourner vivre avec sa jeune épouse de 27 ans, Eléna Andréévna. 

Pendant toutes ses années d’absence, la propriété était exploitée par sa fille d’un premier mariage, Sophia Alexandrovna appelée Sonia et par Ivan Pétrovitch Voïnitzki, l’oncle Vania, le frère de la mère de Sonia. L’argent durement gagné a permis à Sérébriakov de réussir une brillante carrière universitaire.

Le rideau s’ouvre sur Astrov, arrivé dix ans plus tôt dans la région, qui se confie à Marina, une vieille nourrice. Il est âgé de 36 ans mais il a beaucoup vieilli durant ces années, conséquence d’un travail harassant: 

“Du matin au soir, toujours debout, pas un moment de repos, et la nuit, je tremble sous mes couvertures qu’on ne vienne me tirer du lit, m’appeler chez un malade”.

 Il a une vision très pessimiste de la vie: 

“D’ailleurs la vie elle-même est triste, sotte, sale... On s’enlise dans cette vie.”

Astrov a été appelé par Elena pour soigner le professeur Sérébriakov souffrant d’une crise de goutte qui refusera finalement de le consulter. Tchékhov se sert du personnage d’Atsrov pour nous introduire dans cette famille. Au cours d’une conversation avec Sonia et Elena Andréevna, nous apprenons qu’Astrov se passionne pour la forêt. Tchékhov nous donne une leçon d’écologie. Il possède une propriété avec un “jardin modèle”, une pépinière et une forêt d’état qu’il gère. Il part en guerre contre ceux qui saccage les forêts:

“l’homme est doué d’une raison et d’une force créatrice pour multiplier ce qui lui a été donné, mais jusqu’ici, il n’a pas encore créé, il n’a que détruit. Il y a de moins en moins de forêts, les rivières se déssèchent, le gibier a disparu, le climat est plus rude et la terre s’appauvrit et enlaidit de jour en jour”. 

Comme ses idées sont encore d’actualité un siècle plus tard!

Astrov aime planter des arbres 

“quand je plante un jeune bouleau et que je le vois ensuite se couvrir de feuilles vertes et se balancer dans le vent, mon coeur se remplit de fierté”. 

Astrov est un être seul. Comme à l’habitude chez Tchékhov, les amours sont compliqués et malheureux. Sonia aime Astrov sans retour. L’oncle Vania, âgé de 47 ans, avoue son amour à Elena Andréevna, qui a un faible pour Astrov. Astrov lui proposera un rendez-vous galant qu’elle refusera. 

Astrov a un problème avec l’alcool. Nous comprenons qu’il boit trop et qu’il est dépendant. Dans le premier acte, il demandait au valet de lui apporter un verre de vodka avant de partir faire une visite à l’usine. De retour en état d’ébriété dans le deuxième acte, “entre deux vins” , il demande du cognac. A ses propos, on devine que le Tchékhov médecin connaissait parfaitement la psychologie de l’alcoolisé aigu 

“lorsque je me trouve dans cet état, je deviens incroyablement insolent et cynique. Il n’y a pour moi plus rien d’impossible. J’entreprends les opérations des plus difficiles, et je les réussis parfaitement; je fais de vastes projets d’avenir ; quand je suis dans cet état, je n’ai plus l’impression d’être un original, et je crois que j’apporte à l’humanité une aide immense... immense”. 

Il confie à Sonia son mal de vivre. Il est à l’étroit dans cette province se sentant traité comme un original. Sonia le supplie de ne plus boire tout en dévoilant ses sentiments. Il lui donne sa parole d’honneur qu’il ne boira plus. Seul Sonia peut croire à de telles promesses. A la fin de la pièce lors de son départ; Marina lui propose une tasse de thé. Face à son refus, elle lui propose une vodka avec un morceau de pain. Astrov se contentera de la vodka.

Astrov est témoin du drame qui va conclure le troisième acte. L’oncle Vania se sent trompé par Sérébriakov. Il a le sentiment d’avoir gaspillé sa vie pour faire vivre la propriété afin que le professeur brille à l’université. Il se rend compte que “ce pitoyable rhumatisant” n’a réalisé aucun travail qui passera à la postérité:

“de tous ses travaux, il ne restera pas une pas une seule page, il est totalement inconnu, c’est un zéro. Une bulle de savon!”. 

Sonia accuse Eléna Andréevna d’avoir rompu l’équilibre qui régnait avant son arrivée. 

[ Astrov] “est là tous les jours, il ne s’occupe plus ni de ses forêts ni de médecine”.

L’oncle Vania ne s’occupe plus des travaux, 

[ il ] “ne fait rien, il te suit partout comme une ombre”. 

Sonia, qui se trouve laide, confie pourtant à Eléna Andréevna son amour pour Astrov. Eléna Andréevna questionne Astrov. La tension va brutalement monter lorsque le professeur annonce qu’il envisage de vendre la propriété qui ne rapporte

“pas plus de deux pour cent” 

pour convertir l’argent en titres de rente qui rapporteraient quatre à cinq pour cents, l’excédent de l’opération permettant d’acheter une petite villa en Finlande. La vente ne peut se faire qu’avec l’accord de Sonia qui en est propriétaire. 

Pour Voïnitzki, oncle Vania, c’est insupportable. Il a donné sa vie pour faire vivre cette propriété. Il a renoncé à sa part d’héritage en faveur de Sonia, il a remboursé les crédits restant à payer, il a géré pendant vingt cinq ans les biens et envoyé l’argent au professeur qui ne lui rétrocédé  

[ qu' ] un salaire de famine” [ Et maintenant on voudrait le chasser] “comme un malpropre”. 

Il a brutalement le sentiment d’avoir gâché sa vie: 

“Tu m’as pris ma vie! Je n’ai pas vécu, je n’ai pas vécu! A cause de toi j’ai gaché, j’ai raté les meilleurs années de ma vie. Tu es mon pire ennemi!”

 Au comble du désespoir et de la colère, Voïnitzki se précipite sur Sérébriakov, un revolver à la main. A la fin de la pièce, Astrov quittera la propriété pour ne plus y revenir comme le lui avait demandé Eléna Adréevna afin de préserver Sonia, amoureuse éconduite. Le professeur et sa femme partent. Les choses resteront en l’état et la vie va reprendre son cours. Voïnitzki souffre. S’adressant à Sonia, il lui dit: 

“Mon enfant, comme j’ai mal. Ah! si tu savais comme j’ai mal.” 

Sonia porte l’espoir d’une vie lumineuse après leur mort, 

“nous nous reposerons! Nous entendrons les anges, nous verrons tout le mal terrestre, toutes nos souffrances noyées dans la miséricorde qui va remplir l’univers tout entier, et la vie deviendra douce, tendre, bonne comme une caresse.”  

 

 

 

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