Quel rapport entre de mystérieux chiffre 4 inversé
peint sur des portes d’immeuble aux quatre coins de Paris, des
messages obscurs lus par un crieur public au carrefour Edgar-Quinet et
la découverte d’un cadavre au numéro 117 de la rue Jean-Jacques
Rousseau? Le commissaire Adamsberg se charge de l’enquête.
Tout débute au carrefour Edgar-Quinet-Delambre,
quartier Montparnasse, où Joss Le Guern, un ancien marin breton, exerce
le métier de crieur public. Joss avait accroché une urne à un arbre.
Trois fois par jour, en contrepartie d’une participation financière,
il lit les messages contenus dans la boite.
Un matin, il découvre dans l’urne un message
énigmatique glissé dans une enveloppe luxueuse accompagné d’un
billet de vingt francs. D’autres messages suivront.
Dans le commissariat du 13° arrondissement,
Adamsberg reçoit une femme qui a découvert treize peintures noires sur
les portes de son immeuble: de grands chiffres quatre noirs inversés,
large au pied avec petites barres au bout avec en dessous trois lettres
CTL. D’autres quatre seront peint à l’autre bout de Paris.
Le quartier du carrefour Edgar-Quintet est habité
par des personnages haut en couleur que Fred Vargas nous décrit avec
beaucoup de talent. Monsieur Decambrais, un érudit se faisant passé
pour un aristocrate ruiné, se cache sous un faux nom. Il tient une
pension de famille où vit Lisbeth, une ancienne prostituée noire, qui
s’occupe de taches ménagères en échange du loyer. Damas tient un
magasin de planches à roulette, dont l’arrière boutique sert d’entrepôt
à Joss. Joss crieur par nécessité ayant perdu toute chance de
retourner dans la marine après le meurtre d’un armateur verreux
responsable du naufrage du chalutier qu’il commandait. Meurtre pour
lequel il purgeat une peine de prison.
Decambrais découvre que ces textes mystérieux sont
tirés du canon de la médecine d’Avicenne et du
journal de Samuel
Pepys. Adamsberg apprendra qu’aux temps des épidémies de la peste,
des chiffres quatre inversés peints sur les portes servaient de
talisman pour se protéger de la maladie.
L’enquête d’Adamberg l’amènera à la place
Quintet pour écouter la criée de Joss.
Un homme est découvert mort dans le premier
arrondissement le lendemain d’un message glissé dans l’urne de Joss
annonçant une épidémie de peste. Le cadavre est noir. Adamsberg
découvrira des traces de strangulation au niveau du cou. La couleur
noire est due à l’application de charbon sur le corps par l’assassin
pour simuler une peste.
D’autres corps morts de façon identique seront
retrouvés. Le commissaire Adamsberg va devoir retrouver l’auteur de
ces crimes avant qu’une psychose collective ne s’installe.
Fred Vargas va habillement glisser dans son récit
des informations sur la peste ainsi que sur les grandes épidémies du
passé. Nous apprenons ainsi que l’ultime épidémie de peste à Paris
datent de 1920 (quatre-vingt-seize cas dont trente quatre mortels) et
que dans la ferronnerie du balcon du tribunal de commerce de Nancy se
trouve un double quatre inversé.
Je ne vous en dirai pas plus sur le déroulement de l’enquête
d’Adamsberg pour ne pas vous gâcher le plaisir de lire ce roman
policier très réussi.