Paul West
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Le médecin de Lord Byron 

roman de Paul West 

présenté par Michel Chillot
25 février 2004

 

Paul West imagine d'écrire le journal d'un médecin écossais, Polidori, qui accompagne Lord Byron à la villa Diodati sur les bords du lac Léman au cours de l'été 1816. Byron est en compagnie de Shelley, poète romantique anglais, Mary Shelley son épouse (auteur du Frankenstein) et de Claire Clairmont sa demi-soeur. Notre médecin avait reçu une avance de l'éditeur anglais de Byron pour tenir le journal de son voyage en Europe. A sa mort, le journal fut censuré puis détruit par la sœur de Polidori. 

Byron (1788-1824) était porteur d'une pied-bot. Polidori relie cette malformation à une "paraplégie spasmodique due (à la naissance, je présume) à une hémorragie cérébrale superficielle chez le nouveau-né, ayant eu elle-même pour cause un retard dans le déclenchement de la respiration". Il me semble exister une confusion entre le pied équin et le pied-bot "malformation congénitale, assez souvent bilatérale ou symétrique, qui résulterait d'une malposition du foetus in-utéro" (Traité de médecine, Pierre Godeau, Flammarion). On retrouve cette confusion dans le chapitre de l'Encyclopédie Universalis consacré à Byron: "il était pied-bot, soit de naissance, soit à la suite d'une paralysie infantile". 

Pensionnaire de 1801 à 1805, Byron étudia le latin, le grec, les lettres classiques et se passionna pour la littérature anglaise du XVIII° siècle. Il pratiqua la natation, le criquet et l'équitation malgré son infirmité. En octobre 1805 il entre à Cambridge à Trinity Collège. En mars 1809; il prend possession de son siège à la chambre des Lords. Lord Byron parcourt l'Europe, en pleine guerre napoléonienne. Il traverse le Portugal, l'Espagne, et se rend en Albanie, arrive à Athanie d'où il part pour l'Asie Mineure. Il sera de retour à Londres en juin 1811. Il connaîtra le succès en publiant les deux premiers chants du Pèlerinage de Childe Harold, auréolé de l'image du dandy. 

Lorsqu'il quittera l'Angleterre le 25 avril 1816, il ne devait plus y revenir. Parti de Douvres, il débarque à Ostende. Il traverse la Belgique, l'Allemagne pour s'établir au bord du lac de Genève. Il quitte la Suisse en octobre et arrive à Venise le 11 novembre. Il y vécut deux années. En 1818, il termine le quatrième chant du Pèlerinage de Childe Harold. Il quitte Venise fin 1819. Il séjournera à Ravenne, Pise et Gênes. Le 23 juillet 1823, il embarque pour la Grèce où il participe au mouvement de libération. Il meurt le 19 avril 1824 à l'âge de trente six ans.

La Grèce lui fit des funérailles nationales et décréta un deuil national de vingt et un jours. Byron devint un modèle du dandy romantique "beau ténébreux hautain, mélancolique et solitaire, promenant avec ostentation son ennui et son coeur en écharpe" (Encyclopédie Universalis). Le Pèlerinage de Childe Harold eu un succès considérable. Il eut une influence sur le mouvement romantique dans toute l'Europe. En consultant l'index des noms propres dans les Oeuvres Complètes de Baudelaire dans la Pléiade (édition en un volume de 1954), le nom de Byron est cité dix sept fois. On peut lire: 

" Peut-être est-ce simplement parque l'Allemagne avait eu Goethe, et l'Angleterre Shakspeare et Byron, que Victor Hugo était légitimement dû à la France" 

"Beethoven a commencé à remuer les mondes de mélancolie et de désespoir incurable amassés comme des nuages dans le ciel intérieur de l'homme. Maturin dans le roman, Byron dans la poésie, Poe dans la poésie et le roman analytique, ..." 

Baudelaire nous dresse un portrait du dandy: 

"l'homme riche, oisif, et qui, même blasé, n'a pas d'autre occupation que de courir à la piste du bonheur; l'homme élevé dans le luxe et accoutumé dès sa jeunesse à l'obéissance des autres hommes, celui enfin qui n'a pas d'autre profession que l'élégance, jouira toujours dans tous les temps, d'une physionomie distincte, tout à fait à part".

 Ou encore 

"C'est avant tout le besoin ardent de se faire une originalité, contenu dans les limites extérieures dse convenances. C'est une espèce de culte de soi-même qui peut survivre à la recherche du bonheur à trouver dans autrui, dans la femme, par exemple; qui peut survivre même à tout ce qu'on appelle les illusions". 

Paul West nous fait partager l'intimité de ces poètes romantiques anglais en s'attachant à leur vie quotidienne avec son lot de mesquinerie et de scandale. C'est la limite de ce roman qui aurait peut-être gagné à nous faire partager leur vision romantique du monde.

 

Le Médecin de Lord Byron 
Paul West 
roman Rivages poche / Bibliothèque étrangère

 

 

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